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  • Pour des TD en hybride

    Pour des TD en hybride

    Lors du 1er confinement, tout le monde était assigné à résidence sauf exception. Mais lors du déconfinement, seuls les étudiants n’ont pas pu retourner à la « vie normale ».

    Second confinement, presque tout le monde peut circuler sur attestation. Mais il y a encore une catégorie assignée à résidence par la force des choses : les étudiants.

    Suspectés d’être inconscients, d’être irresponsables, d’être dangereux, d’être les principaux responsables de la propagation du virus.

    Véritable parcours du combattant pour certains étudiants, prétexte au relâchement pour les moins soucieux, le suivi des cours en distanciel s’avère être une véritable problématique qui divise à la fois les étudiants et les enseignants de notre faculté bien aimée.

    Petit rappel pour les retardataires, les travaux dirigés représentent près de 50 % de la note finale attribuée aux matières fondamentales (avec la note obtenue aux examens officiels qui compte pour 50%).

    Leur importance est donc capitale et n’est pas à prendre à la légère.

    Compte tenu de la période exceptionnelle que le pays endure, ALTER a demandé de mettre en place un système hybride de suivi des cours magistraux et des TD en vu de diminuer l’effectif des étudiants présents dans le complexe universitaire mais tout en permettant une présence régulière pour éviter le relâchement et le décrochage.

    Ce dispositif ne représentait en réalité qu’une étape avant la fermeture définitive de la faculté suite aux mesures sanitaires instaurées par notre gouvernement « bienveillant ».

    La seule option envisageable pour « tenter » de maintenir une continuité pédagogique entre les professeurs et les étudiants a été de se tourner vers un système d’enseignement complet à distance.

    A première vue, le suivi des cours magistraux en distanciel n’a pas semblé poser trop de complications aux étudiants (licence et master), qui même en période de confinement, parviennent à acquérir le cours dispensé en amphithéâtre sans forcément faire acte de présence grâce à une grande solidarité entre les étudiants.

    En revanche, concernant les travaux dirigés, il convient de mettre en avant les problèmes récurrents qui alimentent de vives critiques de la part des étudiants.

    Sans prendre en compte le phénomène de décrochage scolaire observés chez bon nombre d’élèves, il est clair que le distanciel nuit au bon déroulement des travaux dirigés : certains outils de communication utilisés par les enseignants laissent perplexes (interaction limitée avec le chargé de TD, problèmes techniques, nombre de places limitées, etc.).

    Nous pouvons également noter que le distanciel à des effets sur la charge de travail exigée aux étudiants par TD qui s’avère être plus importante qu’à l’accoutumée.

    Enfin, pour les étudiants touchés par la fracture numérique, c’est une véritable punition, puisque de nombreux étudiants n’ont jamais reçu la clé 4G demandée. Ils sont les plus pénalisés alors qu’ils ne sont pas responsables de leur situation numérique.

    Ce problème (si nous pouvons le qualifier comme tel) est étroitement en relation avec celui des modalités de notation des étudiants mis en place.

    En effet, noter une classe d’élèves sans pouvoir physiquement être à leur côté n’est pas chose aisée : entre les devoirs maisons, les interrogations écrites en ligne, les galops d’essais prévu le dimanche et les jours fériés, sans oublier la participation orale en visioconférence, le mental des étudiants est mis à rude épreuve, particulièrement pour ceux en situation de précarité (familles nombreuses, travail à temps partiel, soucis d’ordinateurs, etc.).

    Et la réouverture improvisée de la bibliothèque universitaire ne semble pas changer la donne…

    Autre point à souligner : le contact entre l’administration de la faculté et les étudiants qui semble au point mort.

    La communication n’a jamais été aussi difficile à mettre en œuvre depuis que nous sommes confinés alors que le service de scolarité joue une fonction primordiale : modification du planning, dates des examens et des galops d’essai, fourniture de matériel, réorientation, bourse d’étude, etc.

    Le distanciel s’accorde mal, voire pas du tout, avec la continuité pédagogique, et ce malgré la bonne volonté des chargés de TD à s’adapter à ces circonstances exceptionnelles.

    Mais la réussite d’un étudiant dépend avant tout du cadre de travail dans lequel il évolue. A la lumière de ce qui a été dit précédemment, nous pouvons légitimement affirmer que celui instauré par le suivi des TD à distance ne semble pas correspondre aux attentes des principales victimes concernées. Le décrochage croissant à partir du mois de novembre le confirme. La présence et le suivi des étudiants en TD est indispensable.

    La règle de principe est le « présentiel » pour les TD. L’abus des TD à distance est dangereux…

    ALTER Paris XII demande à nouveau la mise en place de l’hybride pour tous les TD de toutes les années.

    Que les étudiants qui souhaitent ou qui ont besoin d’être en présentiel le puissent, que ceux qui préfèrent rester chez eux le puissent également.

  • L’avantage des examens en présentiel

    Mise à jour : 27 novembre 2020

    Pourquoi ALTER Paris XII défend le maintien des examens en présentiel depuis le début du mois d’octobre ? Pour deux raisons principales :

    • L’examen en présentiel est moins pénalisant pour les étudiants, que ce soit au niveau technique mais également pédagogique. Il garantit l’égalité entre les étudiants.
    • L’examen en présentiel garantit la valeur du diplôme de la Faculté de Droit

    Suite aux derniers examens qui ont eu lieu en distanciel, nous avons discuté avec de très nombreux étudiants au sein de notre local aux mois de septembre et d’octobre. ALTER Paris XII fonctionne plutôt sur le terrain. Nous trouvons ça plus humain et authentique. Il en est ressorti de ces discussions une vive inquiétude d’avoir à nouveau des examens en distanciel. De façon générale, les étudiants de L3 et Master ont bien compris les avantages des examens en présentiel pour les avoir connu à plusieurs reprises et peuvent donc les comparer aux examens en distanciel. Le stress lié aux problèmes techniques est celui qui a été le plus souvent évoqué, la fracture numérique est considérée comme profondément injuste.

    Nous avons aussi discuté avec un grand nombre de professeurs de la Faculté de droit. Ils sont très défavorables au distanciel pour une raison principale : celui-ci ne leur permet pas d’évaluer les étudiants correctement sur ce qui est généralement attendu d’eux en période normale. Après les résultats des examens qui ont eu lieu en distanciel, les professeurs envisagent de modifier radicalement leur mode d’évaluation si les examens doivent à nouveau avoir lieu en distanciel.

    Partant de ce constat, ALTER Paris XII a pris en compte l’ensemble de ces informations pour déterminer ce qui paraît être le plus juste pour les étudiants en droit.

    ALTER Paris XII ne décide pas si ces examens auront lieu en présentiel ou non, nous sommes une association étudiante locale. Nous faisons des propositions, nous donnons notre avis en nous appuyant à la fois sur le ressenti des étudiants mais également sur notre connaissance du fonctionnement des universités. Nous étudions ce qui est possible et ce qui n’est pas possible et nous défendons ce qui paraît être le plus intéressant pour les étudiants.

    Plusieurs sondages réalisés un peu partout en France sur les réseaux sociaux et au sein de l’UPEC montrent que la majorité étudiante préfère avoir des examens en présentiel. Déjà, au mois d’octobre 2020, un premier sondage a été réalisé au sein de la Faculté de Droit qui exprimait une préférence majoritaire pour du présentiel concernant tous les aspects pédagogiques. Suite à la publication de notre position, une autre association étudiante en droit, qui n’a pas défendu les examens en distanciel et a approuvé également l’organisation des examens en présentiel a refait un sondage qui confirme une majorité écrasante à 63% des étudiants interrogés en faveur du présentiel. Nous remercions cette association étudiante de nous confirmer en chiffres ce que nous écoutons chez les étudiants depuis la rentrée.

    L’examen en présentiel rétablit l’égalité entre les étudiants.

    Le confinement a prouvé l’inégalité croissante entre les étudiants dont voici les principaux.

    Inégalité liée à la fracture numérique.

    Inégalité quand à l’environnement de travail.

    Inégalité liée à la triche.

    Le principe d’égalité entre les étudiants face aux examens est fondamental. Ce principe garantit à chaque étudiant la même chance de réussite qu’un autre étudiant, la réussite étant uniquement liée à la préparation personnelle de l’étudiant, et non liés à des éléments extérieurs.

    Est-il normal qu’un étudiant puisse échouer à cause de la fracture numérique ?

    Est-il normal qu’un étudiant puisse échouer parce que son environnement familial ne lui permet pas de se concentrer sur une épreuve ?

    Est-il normal qu’un étudiant puisse échouer parce qu’il n’arrive pas à comprendre comment utiliser correctement Eprel ?

    Les étudiants doivent passer les examens dans les mêmes conditions, des conditions propices à la concentration et la mobilisation des connaissances dans un temps donné.

    Les étudiants qui n’ont pas la chance de bénéficier d’un bon environnement de travail, qui ont une connexion médiocre, qui ont travaillé pendant le semestre et qui ne veulent pas stresser sur leurs épreuves à cause de problèmes techniques, qui veulent être notés de façon juste, ces étudiants en droit ont tout intérêt à avoir les examens en présentiel.

    Pourquoi l’examen en présentiel garantit davantage la valeur du diplôme qu’un examen en distanciel ?

    Premier argument : pas de présomption de triche généralisée

    Les examens en distanciel sont accompagnés d’une présomption de triche à la fois individuelle et collective par l’ensemble des enseignants des Facultés de droit, ici à l’UPEC mais également les enseignants des autres Facultés de droit en France.

    Cela met en place donc un doute sur toute validation des examens qui auraient lieu en distanciel. Ce doute, vous l’avez compris, influe directement sur la valeur de notre diplôme qui sera appréciée par les Facultés de Droit. Et en conséquence, cela influera sur la sélection en Master.

    A votre avis, que pensera un prof d’un dossier d’un étudiant qui aura obtenu ses années en distanciel ?

    Deuxième argument : Nous sommes en concurrence avec les étudiants des autres Facultés de Droit pour la sélection en Master

    Et autant vous le dire franchement, quasiment toutes les autres Facultés de Droit envisagent très clairement de mettre en place les examens en présentiel. Nous savons déjà que certaines se remuent leurs méninges pour que les examens aient lieu en présentiel quoiqu’il arrive. Ce qui veut dire que les étudiants provenant de Facultés de droit ayant organisé leurs examens en présentiel seront nettement plus avantagés dans la sélection.

    Même si nos examens en distanciel étaient rendus très difficiles, comment un directeur de Master de la Faculté de droit d’Assas, de Bordeaux, de Lyon ou autre peut-il être certain que nos examens ont été validé sans tricher ?

    L’examen en présentiel est davantage dans l’intérêt des étudiants

    Les deux premiers arguments influent directement sur la difficulté de l’examen en distanciel par voie de conséquence.

    Troisième argument : L’examen en présentiel nous met dans les conditions psychologiques et environnementales d’un examen

    Tous les étudiants ne disposent pas d’une pièce isolée chez eux pour passer sereinement les examens. Entre les frères et sœurs, ou les parents, des travaux qui peuvent avoir lieu à proximité de chez soi, bref, la présence d’un bruit ambiant qui peut nous empêcher de nous concentrer. De plus, passer l’examen dans notre chambre, sur notre lit pour ceux qui n’ont pas de bureau, psychologiquement, c’est pas top, ça ne nous met pas dans l’ambiance examens.

    Rajoutons que l’examen en présentiel retire le stress lié aux problèmes techniques qu’on pourrait rencontrer : la connexion qui est mauvaise, l’email qui ne s’envoie pas, le chat qui saute sur le clavier et efface tout ce qu’on avait écrit, le problème technique général qui fait repasser l’épreuve à tout le monde, bref, tous les problèmes techniques que nous avons rencontrés au mois de mai/juin dernier. Ce serait dommage de ne pas valider parce que notre connexion sera capricieuse le jour de l’épreuve et qu’il sera difficile de le prouver. Les enseignants exigeront cette fois-ci des preuves solides des problèmes techniques rencontrés pour éviter les abus qui ont eu lieu lors du dernier confinement. On ne peut pas leur en vouloir de chercher à vérifier drastiquement notre bonne foi.

    Etre présent dans un amphi nous permettra de mieux nous concentrer et d’être certain que notre copie sera corrigée correctement.

    Quatrième argument : La présomption de triche rendra les professeurs plus exigeants.

    Si nous avons des examens en distanciel, les enseignants seront bien plus exigeants car ils prendront en compte dans leur correction que nous avons accès à Internet, à nos cours, aux livres.

    Comment pensez-vous qu’ils élaboreront le sujet ?

    Comment pensez-vous qu’ils vont nous noter ?

    Si vous pensez que les examens en distanciel se dérouleront comme en mai/juin, ce sera tout le contraire.

    Plusieurs galops d’essai ont montré qu’il n’y aura aucune pitié en distanciel.

    Pour rappel : les professeurs élaborent le sujet de leur choix et déterminent également librement leur notation. Ils doivent juste respecter le fait que les sujets doivent porter sur le programme qu’ils ont enseigné.

    Par conséquent, il n’est pas possible de faire une réclamation auprès d’un professeur de droit sur la difficulté d’un sujet ou sur une notation sévère. Le jury est SOUVERAIN dans l’appréciation du niveau des étudiants.

    L’avantage des examens en présentiel est que nous savons déjà comment les professeurs peuvent nous évaluer en nous reportant aux annales d’examens (qu’ALTER Paris XII distribue chaque année gratuitement). Il est possible d’améliorer notre préparation aux examens.

    Cette année, si des examens ont lieu en distanciel, nous ne savons absolument pas comment cela peut se passer et cela diminue notre préparation. D’autant que les professeurs ont confirmé que cela ne se passera pas du tout comme les derniers examens en distanciel.

    Bien entendu, le respect des mesures sanitaires doit être appliqué pour que ces examens soient totalement dans l’intérêt des étudiants en droit.

    Néanmoins, des étudiants invoquent à raison des peurs concernant l’organisation d’examens en présentiel. Nous les remontons à l’administration et aux professeurs.

    ALTER Paris XII continuera de défendre les examens en présentiel car nous considérons que cela est plus avantageux pour les étudiants qu’en distanciel. Toutefois, ces examens doivent se dérouler de façon à garantir le respect des mesures sanitaires. Nous serons vigilants sur l’organisation des examens.